Le Jardin de l'Hôtel Des Marronniers...The garden of Hotel Des Marronniers...


Alors que le soleil lui tournait le dos, elle s'est assise dans le jardin. Comme pour signifier à l'astre qu'elle n'avait que faire de cette désinvolture. Elle ne le laisserait pas gâcher son séjour à l'Hôtel Des Marronniers.

Elle se souvenait du choix de la ville puis de l'hébergement. Son mari lui promettait depuis des mois charme et romantisme. Un séjour à deux, rien qu'à deux. Paris était apparu comme une évidence. Les balades le long de la Seine, la gastronomie, la mode, les musées... Paris... La France... Elle avait répété ces mots magiques avec un sourire aussi radieux que la Tour Eiffel un 14 juillet. Le choix de l'hôtel avait été plus complexe. Elle avait appelé une amie qui lui avait parlé d'un établissement charmant au coeur de la Capitale Française. Elle avait su immédiatement que c'était cet hôtel qui lui convenait. L'Hôtel Des Marronniers. Le contact téléphonique avec la réceptionniste avait été simple et agréable et leur première rencontre ne l'avait pas déçue. Finalement les Parisiens étaient peut-être victimes de leur image...

Aujourd'hui, assise dans ce petit jardin, elle se confortait dans son choix. Elle en oubliait presque la frénésie qui règne dans les rues Parisiennes. L'exposition du Grand Palais l'avait épuisée. Elle avait eu un profond coup de coeur en pénétrant la nef du monument. Plus d'un siècle d'histoire s'était déroulé sous ses pieds. La mise en scène de l'exposition l'avait comblée. Et cette foule qui patientait sagement à l'entrée du Grand Palais..! Elle avait vécu une journée de Parisienne. Et cette idée l'excitait. En sortant de la visite, ils avaient traversé, main dans la main, le Pont Alexandre III. Un pont magnifique! Et la vue sur les invalides y est imprenable. Napoléon est très connu, il faudra aller voir son tombeau. Puis, sur le chemin du retour, ils avaient craqué sur une religieuse au café et un éclair au chocolat. Mais leur gourmandise avait cédé devant l'envie de déguster les pâtisseries dans le jardin de l'Hôtel Des Marronniers.


Elle patientait à présent, en tête à tête avec l'un des marronniers qui donnèrent le nom à l'hôtel. Elle écoutait le doux roucoulement des pigeons, puis le vent dans les feuillages. Le mari rejoignit sa femme et sa mélancolie. La réceptionniste apporta le thé et le café commandés plus tôt au retour de leur promenade. Un sourire en conseillant le restaurant. Ils avaient choisi la France pour ses finesses gustatives et étaient bien décidés à en découvrir les subtilités. Saint-Germain Des Près regorge de bonnes adresses...et de moins bonnes. Ce soir-là, ils essaieraient les cuisses de grenouilles, dans l'un des vieux restaurants du 6ème arrondissement.

La dégustation avait suivi son cours dans le petit jardin. Ils admiraient le lierre, la verdure à laquelle on ne saurait s'attendre en plein Paris. Quelques fleurs animaient le lieu de touches fraîches. Leur sentiment était étrangement partagé par tous les passants qui s'arrêtaient ici. Il y a dans cette cour cachée, comme un parfum d'instant volé. Le temps suspendu aux branchages, que le vent éloigne de toute réalité. C'est donc une réalité toute autre qui baigne ce jardin. Un jardin qui ne semble même plus Parisien, qui appartient à celui qui est assis et dont l'oreille attentive, discerne le chant des marronniers. On raconte que ce chant est enchanteur. Et que l'oreille et l'esprit qui lui est lié reviennent toujours aux Marronniers... 

Songeurs, les époux regagnent leur chambre et l'un comme l'autre s'approchent des rideaux. Les mains découvrent l'impatience. Derrière, un jardin, le jardin.

*****


As the sun turned his back, she sat in the garden. As if to signify the star that she did not care about this casually. She would not let him ruin her stay at the Hotel Des Marronniers.

She remembered the choice of city and accommodation. Her husband promised her charm and romance for months. A stay at two, only two of them. Paris appeared obvious. Walks along the Seine river, gastronomy, fashion, museums ... Paris ... France ... She repeated those magic words with a smile as radiant as the Eiffel Tower on July 14th. The hotel choice was more complex. She called a friend who told her about a charming hotel in the heart of the French capital. She knew immediately that it was the hotel she wanted. Hotel Des Marronniers. Telephone contact with the receptionist was nice and simple, and their first meeting had not disappointed. Finally Parisians were perhaps victims of their image ...

Today, sitting in the little garden, she comforted in her choice. She almost forgot the excitement prevailing in Parisian streets. The exhibition at the Grand Palais had been exhausted. She had a deep crush on entering the nave of the monument. More than a century of history had taken place under her feet. The staging of the exhibition had filled. And this crowd waiting quietly at the entrance of the Grand Palais ..! She had lived a Parisian day. And this idea excited her. Out of the visit, they had crossed, hand in hand, the Alexandre III bridge. A beautiful bridge! And the view was breathtaking. Napoleon is well known, one day we will go to his grave. Then, on the way back, they had a crush on a coffee cake and a chocolate eclair. But their greed had yielded to the urge to taste the pastries in the garden of the Hotel Des Marronniers.


Now she waited head to head with a chestnut who gave the name to the hotel. She listened to the soft cooing of pigeons and the wind in the leaves. The husband joined his wife. The receptionist brought tea and coffee ordered earlier after returned of their walk. A smile advising the restaurant. They chose France for gastronomy and wanted to try it now they were there. Saint-Germain Des Prés is full of great places ... and less good. That evening, they would try frog legs, in one of the oldest restaurants of the 6th district.

The tasting had run its course in the garden. They admired the ivy, greenery which can not be expected in central Paris. Some flowers enlivened place of fresh keys. Their feeling was strangely shared by all passers-by who stopped here. There is, hidden in this court, as a perfume of a stolen moment. Time suspended from leaves, wind away from reality. This is a different reality which bathes the garden. A garden that seems not even Parisian, and who belongs to the one who sits and whose ear discerns the chestnuts song. It is told that this song is enchanting, and that ears and minds enchanted always return to Chestnuts ...

Pensive, husband and wife return to their room and both of them approach the curtains. Hands discovering impatience. Behind, a garden, the garden.


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